|

|
|
THESES DEJA SOUTENUES
|
Laure Moguerou : Vouloir et pouvoir scolariser ses enfants. Pratiques
éducatives à Dakar sous le prisme des inégalités sociales, familiales et
de genre
Institut d'Etudes Politiques de Paris
Sous la direction de P. Antoine / Septembre 2006
Ce travail étudie les pratiques éducatives à Dakar en éclairant
l’influence des catégories sociales et du genre. Il permet en premier lieu
de nuancer les progrès de la scolarisation. Depuis le début des années
1990, on relève un essoufflement de la scolarisation en particulier des
garçons. Les inégalités sociales, même si elles tendent à se réduire au
niveau primaire, persistent pour l’enseignement secondaire (et au-delà).
Ces inégalités restent flagrantes quand on prend en considération le type
d’école suivie (publique ou privée). Non seulement les catégories aisées
scolarisent plus leurs enfants mais elles choisissent aussi les meilleurs
établissements scolaires (souvent privés), plus souvent pour leurs garçons
que pour leurs filles. Les conclusions sont assez pessimistes sur
l’incapacité de l’école à remplir les multiples fonctions qu’on lui
assigne. Seule note d’optimisme, la montée de la scolarisation féminine,
qui ne semble cependant pas bouleverser les rapports entre sexes.
|
|
Fatou Binetou Dial : Le parcours matrimonial des femmes
à Dakar : subir le mariage, s’approprier le divorce
Université de Paris X Nanterre
Sous la direction de P. Antoine et M. Segalen / Avril 2006
Cette thèse étudie le parcours matrimonial des femmes à Dakar selon trois
axes. Le premier tente d’expliquer un paradoxe : dans une société où le
mariage est incontournable, le divorce est répandu. Le deuxième conduit à
la critique d’une idée préconçue : les femmes divorcées s’appauvrissent.
Le troisième vise à mieux comprendre la complexité des parcours
matrimoniaux des femmes, en particulier la triade mariage, divorce et
remariage. Au Sénégal, l’union matrimoniale cesse de plus en plus
nettement d’être un échange entre les groupes sociaux pour devenir une
alliance entre individus. Cette désaffection relative des normes
traditionnelles qui régissaient auparavant la plupart des mariages est
souvent considérée comme un des facteurs de la croissance de l’instabilité
matrimoniale. Cependant malgré sa fréquence en milieu urbain, le divorce
reste socialement stigmatisé. En outre, le divorce se caractérise par une
assez grande diversité de modalités, héritage des traditions ou de la
religion, avec notamment la pratique de la répudiation et les formes
qu’elle conserve aujourd’hui (malgré son interdiction légale depuis 1972).
L’analyse du mariage et du divorce à Dakar offre l’opportunité d’étudier
la place des femmes et de revisiter ainsi l’état des rapports sociaux de
sexe au sein de la société sénégalaise. L’institution matrimoniale et ses
avatars ne peuvent s’analyser sans une perspective de genre. Partir de
l’idée que les femmes subissent leur mariage et s’approprient leur divorce
permet de comprendre à la fois l’importance du mariage dans la société
sénégalaise et de poser l’hypothèse qu’il reste un rite de passage pour
les femmes au sens classique du terme. En revanche, le divorce (et le
remariage qu’il implique presque systématiquement) peut être l’occasion
pour ces dernières de « réajuster » leurs trajectoires personnelles à
leurs aspirations affectives et sexuelles, possibilité offerte aux hommes
tout au long de leur vie, grâce à la polygamie.
|
|
Alioune Diagne : L’entrée en vie adulte à Dakar
Université
Paris I Panthéon-Sorbonne
Sous la direction de P. Antoine /
Avril
2006
Cette thèse a pour but de rendre compte de l’entrée des jeunes dans la vie
adulte à Dakar. Cette question a été largement étudiée dans la littérature
en sciences sociales, mais jusqu’à présent surtout dans les pays
développés où cette transition se fait de plus en plus difficilement et de
plus en plus tardivement. Cette situation se retrouve-t-elle dans un pays
bien différent comme le Sénégal et plus particulièrement à Dakar ? La
jeunesse urbaine dakaroise présenterait-t-elle un profil similaire à celui
qui a été observé dans les pays du Nord ? Y a t-il des évolutions
similaires à Dakar ? Comment dans l’agglomération dakaroise, les jeunes
passent-ils d’un statut à un autre ? L'étude s'appuie sur l’exploitation
des données de l'Enquête « Jeunesse et devenir de la famille à Dakar »,
réalisée en 2001 par l’IRD et l’IFAN, et de l’enquête biographique
effectuée sur un sous-échantillon de la première. L'investigation de
terrain a privilégié le recueil des biographies professionnelles,
résidentielles et matrimoniales auprès des enquêtés, afin de mettre en
évidence les interrelations entre les changements de résidences,
l'acquisition d'un emploi et la constitution du ménage. Notre analyse
montre que, ce qui paraissait être un passage plus ou moins fluide entre
les générations dans l’agglomération dakaroise, se trouve actuellement mis
à rude épreuve par la conjoncture économique particulièrement difficile
que traverse le pays. L’entrée dans la vie adulte s'opère donc de plus en
plus difficilement et de plus en plus tardivement, pour la majorité des
jeunes, en particulier pour ceux qui sont placés dans les conditions
économiques et sociales particulièrement difficiles. On observe un
étalement dans le temps des différents calendriers qui marquent la fin de
la jeunesse et le début de la vie adulte, notamment de ceux qui marquent
le début de la vie familiale (entrée en union, naissance du premier enfant
et autonomie résidentielle). On assiste aussi à une diversification et à
une complexification des parcours d’entrée des jeunes dans la vie adulte.
|
|
Ngoy Kishimba :
Trajectoires socio-économiques et constitution de la descendance à
Yaoundé (Cameroun).
Le cas des hommes et des
femmes âgés de 25 à 54 ans en 1996
Université de Paris X Nanterre
Sous la direction de P. Antoine / Mai 2003
La baisse de la fécondité perceptible dans plusieurs pays d'Afrique
sub-saharienne dès la fin de la décennie 1980 s'effectue à des rythmes
différents selon les catégories sociales des populations. Le Cameroun
n'est pas en marge de ces changements démographiques : ses deux grandes
métropoles Yaoundé et Douala se situent parmi les plus avancées en Afrique
dans le processus de transition de la fécondité. Mis à part le phénomène
de l'urbanisation auquel on peut attribuer un rôle moteur dans la
transition de la fécondité à l'échelle nationale, l'évolution des
comportements procréateurs des populations urbaines suscite de nombreuses
questions. Quelle a été l'influence de la crise économique annoncée en
1987 ? Dans quelle mesure les trajectoires socio-économiques des hommes et
des femmes caractérisées par le chômage de longue durée, la stabilité dans
les catégories sociales pauvre et moyenne ont-elles joué sur le calendrier
de fécondité ? Quel a été le rôle du développement social et économique de
la période de forte croissance de l'économie ? C'est à ces questions que
tente de répondre cette recherche à partir d'une base des données
originales retraçant les parcours de vie des hommes et des femmes nés
entre 1942 et 1971.
|
|
Mathias Kuepie :
L'accès à la responsabilité familiale à Yaoundé : Evolution
intergénérationnelle et facteurs explicatifs.
Université de Paris X Nanterre
Sous la direction de P. Antoine / Novembre 2002
L'objectif de la thèse est d'analyser les processus qui conduisent un
jeune à quitter le statut de personne dépendant du foyer parental et à
créer un nouveau noyau familial, c’est-à-dire à accéder à la
responsabilité familiale. Pour un homme, cet accès est considéré comme
complet quand il a déjà quitté le domicile parental (accès au logement
autonome), s'est déjà marié et a déjà donné naissance à son premier
enfant. Pour une femme, la réalisation des deux derniers événements
suffit. L’étude a pour cadre Yaoundé la capitale du Cameroun, une ville
qui a été soumise, au cours des quarante dernières années, à un ensemble
de mutations économiques, démographiques et culturelles. Notre objectif
est d’étudier l’impact de ces changements sur la formation de la famille.
Nous disposons, pour ce faire, de données biographiques collectées en 1996
sur un échantillon de 1460 individus âgés de 25-54 ans. Pour chaque
enquêté, sont retracées les dates auxquelles il a connu les principales
transitions qui jalonnent le cours de la vie (mariage, divorce, emploi,
chômage, naissance des enfants, changement de résidence, etc.). Les
méthodes statistiques utilisées sont essentiellement les méthodes
biographiques (courbes de Kaplan Meier, de Aalen, régression de cox). Nous
cherchons à mesurer dans quelle mesure les facteurs économiques et
culturels et les contraintes structurelles urbaines régissent les
calendriers de sortie de l’hébergement, d’entrée en union, de naissance du
premier enfant ainsi que la combinaison de ces événements. Les résultats
descriptifs mettent en exergue un vieillissement considérable du
calendrier de la formation du noyau familial au fil des générations, tant
chez les hommes que chez les femmes. Les analyses explicatives révèlent
que les évolutions intergénérationnelles des calendriers de sortie de
l’hébergement et du célibat des hommes sont régies par un double processus
agissant de manière antagoniste : celui de la modernisation (qui tend à
rajeunir les calendriers) et celui de la conjoncture économique
défavorable de la moitié des années 80 (qui a l’influence inverse). Chez
les femmes, seuls les facteurs liés à la modernisation ont un impact
significatif. Aussi bien chez les hommes que chez les
femmes, le calendrier de la première naissance a peu évolué.
|
|