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Programme |
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Le programme est subdivisé en trois parties :
II. La comparaison Dakar- Lomé
I. Crise, passage à l'âge adulte et devenir de la famille dans les classes moyennes et pauvres à Dakar Le projet " Crise, passage à l'âge adulte et devenir de la famille dans les classes moyennes et pauvres à Dakar" a commencé en 2001 sur financement de l'UR CIPRE et du CODESRIA. Dix ans après nos premiers travaux à Dakar sur les familles dakaroises, cette nouvelle étude propose de faire un bilan des changements en cours et les recompositions sociales et économiques en œuvre dans la capitale. Alors que dans les travaux antérieurs, l'approche privilégiait une démarche statistique mettant en relief les différences entre générations, la démarche actuelle introduit deux autres dimensions essentielles des dynamiques sociales : celle des classes sociales et celle des relations hommes/femmes. Nous proposons donc d'aborder la question des recompositions sociales et familiales sous le prisme des classes sociales et de genre. Ce programme tente en particulier d'évaluer l'effet des changements de conjoncture économique sur la formation des ménages. Il s'agit d'identifier les facteurs de formation et de dissolution des ménages à partir d'une analyse essentiellement micro (analyse biographique sociologique et démographique) en faisant intervenir les facteurs macro-économiques, afin de distinguer les déterminants structurels et conjoncturels. Les enquêtes quantitatives de terrain se sont terminées en août 2001 et l'apurement et la préparation des fichiers ont pris plus de temps que prévu : cette phase s'est achevée à la fin de l'année 2001. Un premier rapport a été réalisé en mars 2002. L'affaiblissement du statut social et économique des jeunes hommes
laisse présager d'importantes modifications des relations
intergénérationnelles de même qu'un Le premier bilan se veut avant tout exploratoire. Un certain nombre d'enquêtes ont été réalisées. La définition des catégories sociales reste à approfondir, mais la première échelle retenue possède déjà une certaine pertinence et perme de mettre en évidence une certaine hiérarchisation sociale. Cohabitation
intergénérationnelle à Dakar Par la suite deux étudiants ingénieurs statisticiens de l'ENEA ont
modélisé davantage la construction des catégories sociales. Leurs
résultats serviront dans la suite des travaux. Le marché du travail à Dakar semble saturé faute d'offres d'emplois modernes et où l'emploi précaire semble prédominer. Les nouvelles générations semblent s'adapter à la nouvelle structure du marché du travail et ne plus espérer vainement un emploi salarié moderne. L'apprentissage connaît un certain regain. Mutations scolaires et mutations sur le marché du travail vont-elles de paire? Toutes les catégories sociales sont-elles affectées?
Le premier mariage est de plus en tardif en particulier pour les
femmes. La suite des travaux permettra d'essayer de mieux appréhender les
causes de recul de l'âge au mariage. La mobilité matrimoniale est
importante à Dakar, et on essaiera de voir les modalités de l'après
divorce à Dakar, dans leurs aspects économiques et sociaux. La fécondité
diminue fortement sans que la pratique de la contraception se développe
pour autant. Plusieurs indicateurs montre que le statut des femmes changent: scolarisation plus importante, avec toutefois une fréquentation relativement courte, une pratique de l'apprentissage qui tend à se développer, parmi les femmes actives une proportion de salariées (précaires) qui tend à augmenter. Le rôle des femmes change, leur statut se modifie-t-il aussi ? Chez les jeunes, les difficultés à prendre des rôles se traduisent
ainsi par un mal existentiel qui disqualifie d'une participation réelle à
la vie sociale. Cette disqualification transparaît à travers la difficulté
voire l'impossibilité de vivre normalement au sein de sa famille. La
difficulté de ce vécu se révèle à travers la marginalisation voire
l'exclusion.
II. La comparaison Dakar- Lomé La participation croissante des femmes à l'économie
Pour vérifier si ce conflit de rôles se posait dans les mêmes termes dans les deux villes de Dakar et Lomé on analysera les interrelations entre vie professionnelle et vie matrimoniale. Mais le travail peut-être est aussi d'un choix de vie correspondant avant tout à un désir d'autonomie et dans pareil cas, il a plus de chances de correspondre à une amélioration effective des conditions de vie et de statut social de la femme. L'étude approfondie tiendra compte des niveaux de qualification, des secteurs d'activité et des types d'entreprise. - Qu'en est-il de l'évolution du travail des femmes au cours des générations ? - Comment les femmes combinent-elles vie familiale (en particulier leur fécondité) et activité professionnelle au cours de leur existence ? - Les modalités de gestion par les femmes de leur activité et de leur vie familiale tendent-elles à créer de nouvelles formes de conjugalités ? - La domination des hommes par le mariage est-elle moindre au Togo qu'au Sénégal? - Plus autonome au sein du couple les femmes de Lomé éprouvent-elles moins le besoin de divorcer que les Dakaroises ?
III. Analyse comparée des processus d'insertion urbaine à Dakar, Yaoundé, Antananarivo, Lomé et Nairobi L'analyse comparative des processus d'insertion à Yaoundé, Lomé, Antananarivo et Nairobi est conduite de façon comparable à celles de Dakar et Bamako, (pour lesquelles nous disposons déjà d'une série d'études réalisées entre 1989 et 1992). Pour ces quatre nouvelles villes les enquêtes ont été réalisées entre 1996 et 2001 avec la participation de chercheurs de l'UR CIPRE. Ces données sont collectées avec une méthodologie identique dans ces différentes capitales africaines. Des chercheurs africains sont formés à ces nouvelles approches (derniers en date les chercheurs de l'URD à Lomé en janvier 2001 lors d'un séminaire de formation assurée par Philippe Antoine et en avril 2001 à l'Université de Nairobi par Philippe Bocquier. Les enquêtes biographiques permettront d'offrir un diagnostic des évolutions des 30 dernières années qui ont conduit à la situation présente. L'analyse des biographies permet de mesurer l'effet à moyen et long terme de la conjoncture économique (par exemple : baisse des salaires, changement de politique, etc.) sur la dynamique du marché de l'emploi et sur la constitution et les conditions de vie des ménages. Elles permettront de répondre à des questions essentielles sur la pauvreté (persistance et transmission), sur la précarité ou sur le chômage. Des profils très différents se dégagent d'une ville à l'autre, la dégradation du marché de l'emploi se traduit partout par une certaine précarisation, mais le chômage n'a pas la même ampleur d'une ville à l'autre. Les mutations démographiques diffèrent en particulier dans l'évolution des situations matrimoniales (recul de l'âge au mariage bien plus important à Dakar) que dans les stratégies résidentielles. Ces analyses comparatives ont donné lieu à publications de plusieurs articles dont un qui vient de paraître dans la revue Autrepart . Des démarches sont entreprises pour créer un réseau au sein de l'UEPA (Union pour l'étude de la population africaine) pour favoriser ces études comparatives.
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