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DIALOGUE |
| Le suivi de la dévaluation au
Cameroun |
| Depuis sa création en 1948 jusqu'à janvier 1994, la
Zone Franc n'avait pas connu de changement majeur. Une monnaie commune
et convertible à un taux de change fixe avec le franc français
était possible grâce aux règles de discipline monétaire
et fiscale que les pays membres s'étaient imposées et grâce
à leur compte auprès du Trésor français.
L'année 1993 marquera la fin de la période de ce statu quo et la reconnaissance de la portée insuffisante des politiques d'ajustement réel. Une nouvelle stratégie d'ajustement s'imposait et s'est déroulée en deux vagues successives. La première mesure a limité la convertibilité des billets CFA en dehors de la zone franc africaine ainsi que la convertibilité des billets entre les deux zones d'émission de la zone franc (UMOA et BEAC). Les objectifs visés étaient, d'une part, de contenir la fuite des capitaux qui avait atteint des proportions considérables devant les rumeurs d'une prochaine dévaluation et, d'autre part, à la fois de limiter l'hémorragie des FCFA vers le Nigeria et de contenir l'invasion des produits manufacturés en provenance de ce pays. La seconde mesure fut la dévaluation de 50% du FCFA du 12 janvier 1994. Elle s'attaque simultanément au problème de la compétitivité et aux taux de change réels censés déterminer l'allocation des ressources favorable à une croissance tirée par les exportations. Quels seront les conséquences des mesures prises sur le niveau général des prix? La hausse de prix consécutive à la dévaluation viendra-t-elle annuler les gains de compétitivité? La dévaluation pourra réussir si une partie des agents économiques, dans les activités non échangeables, accepte une baisse réelle des revenus au profit des agents impliqués dans la production des biens échangeables. Pour ce faire, les revenus, les prix (absolus et relatifs) et les marges devront donc évoluer dans les proportions et sens souhaités. Afin de mieux cerner les changements en cours dans la zone franc, DIAL a mis en place un exercice pilote au Cameroun, en collaboration avec la Direction de la Statistique de ce pays (DSCN), consistant en une série d'enquêtes légères sur les revenus et les prix. Ainsi, dans la ville de Yaoundé, sera effectué un suivi des revenus de deux catégories de ménages : ceux ayant la possibilité de les indexer (ménages dans le secteur informel) et ceux dont les revenus sont contractuels (salariés de la fonction publique et du secteur privé). L'objectif de cette enquête est d'étudier les modes d'ajustement des revenus et d'identifier les groupes sociaux qui supporteront le coût de la dévaluation. La typologie des ménages ainsi que les niveaux médians de revenus, issus de l'enquête 1-2-3 DIAL-DSCN, servent de base dans le choix des ménages retenus dans cette enquête légère. Par ailleurs, des observations hebdomadaires des prix au détail et de gros des produits de première nécessité ainsi que des produits impliqués dans les échanges transfrontaliers dans les villes de Garoua, Maroua, Bamenda et Douala fournissent des données cruciales sur le comportement des marges, les niveaux de compétitivité-prix des produits échangés entre le Nigeria et le Cameroun et de manière plus générale, les répercussions des variations des taux de change officiel et parallèle sur les prix. Contact : J. Herrera, DIAL |