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Vietnam

 
Etude des enjeux et des contraintes de la transition économique au Vietnam
 
Dates de l'intervention
2006 - 2010
 
Identification
IRD / UR 047 DIAL - Développement, institutions et analyses de long terme
Département Sociétés et Santé (DSS)
 
Personnel IRD au Vietnam :
Mireille Razafindrakoto (économiste, responsable du programme) Email
Jean-Pierre Cling (économiste) Email
François Roubaud (économiste) Email
 
Partenaires vietnamiens
ISS (Institute of Statistical Science), GSO (General Statistics Office of Vietnam)
 
Personnels ISS/ GSO participant à cette action:
Nguyen Van Doan (directeur ISS)
Do Trong Khanh (directeur à OGS)
Le Van Duy (directeur adjoint ISS)
Nguyen Thi Huyen (chercheuse ISS) 
Phan Ngoc Tram (chercheuse ISS)
Do Thi Thuy (chercheuse ISS)
Nguyen Huu Chi (doctorant)
 
VASS (Vietnamese Academy of Social Sciences)
 
Partenaires français
AFD (Agence Française de Développement)
ADETEF (Association pour le Développement des Echanges en Technologie Economique et Financière), Vietnam
INSEE (Institut National de la Statistique et des Etudes Economiques)
PUF (Pôles Universitaires Français)
 
Partenaires internationaux
UNDP (United Nations Development Programme)
ESCAP (United Nations Economic & Social Commission for Asia and the Pacific)
CEPS (Centre d’Etudes de Populations, de Pauvreté et de Politiques Socio-économiques), Luxembourg
 
Financements
IRD - Fonds propres UR 047 DIAL
Ministère des Affaires étrangères (FSP Sciences sociales)
 
Justification /antécédents
Le Vietnam enregistre un rythme de croissance parmi les plus rapide du monde depuis le lancement du "renouveau" (Dôi Moi) en 1986. Les conditions de vie de la population se sont fortement améliorées mais restent cependant difficiles pour bon nombre de Vietnamiens et les inégalités se sont creusées. Trois questions majeures - qui sont au coeur des préoccupations au Vietnam - constituent la base du projet lancé au dernier trimestre 2006: l'impact de trajectoire récente de l'économie vietnamienne sur les niveaux de vie et les inégalités; les liens entre l'évolution économique interne et l'insertion internationale du pays; les relations entre la transition économique et le mode de régulation sociale et politique.
 
 
Objectifs et premiers résultats
 
Conférence de présentation des résultats concernant le secteur informel, juin 2008

Objectif 1. Analyse des caractéristiques et du rôle du secteur informel et de l’emploi :
poids économique et liens avec le marché du travail; impact sur les conditions de vie des ménages; interaction avec les politiques publiques.
 
Les travaux d'analyse montrent que l'impressionnante croissance économique du Vietnam au cours de la dernière décennie s'est traduite par une forte montée du taux de salarisation, ainsi qu'une hausse des salaires réels. On note pourtant un important volant de sous-emploi de la main-d'œuvre. Concernant la répartition de la main-d'œuvre suivant les secteurs institutionnels, de façon cohérente, lorsqu'on exclut les activités agricoles, les plus pauvres (et les moins éduqués) tirent la grande majorité de leur revenu du secteur informel. De manière générale, si les revenus du travail constituent une large part du budget des ménages, le marché du travail est également la principale source d'inégalité au Vietnam. L'analyse permet de noter que, dans ce cadre, le secteur informel semble plutôt être un facteur d'atténuation des disparités de revenus.
 
Partant du constat que les données sont lacunaires pour mesurer de façon fiable et saisir les spécificités du secteur informel au Vietnam, un dispositif ad hoc d'enquêtes sur ce thème a été mis en place, en adaptant le système existant d'enquêtes officielles auprès des ménages. La stratégie a consisté à se fonder sur la méthodologie des enquêtes mixtes ménages/entreprises, et plus spécifiquement sur le schéma des enquêtes 1-2-3 développés par DIAL, afin de l'adapter au contexte du Vietnam (échantillonnage, couverture, questionnaires). L'enquête-emploi (LFS), qui existait déjà mais que nous avons contribué à entièrement rénover, constitue la phase 1 (portant sur les ménages) du dispositif. Cette enquête a été réalisée en août 2007 et porte sur un échantillon de 170 000 ménages représentatifs au niveau national et provincial. Dans la foulée, deux enquêtes sur les entreprises individuelles et le secteur informel (HB&ISS) ont été mises en place pour constituer la phase 2 (sur les unités de production ou entreprise) du dispositif. Elles couvrent respectivement la province de Hanoï (novembre 2007) et de Ho Chi Minh Ville (janvier 2008), avec un cofinancement de la Banque mondiale.
 
L'analyse en cours de ces enquêtes débouche sur trois principales conclusions:
Le secteur informel représente une composante massive de l'économie vietnamienne, que ce soit en termes d'emplois ou de contribution au PIB (50% des emplois non agricoles; ces emplois s'exercent dans 8,4 millions de micro-entreprises - taille moyenne 1,4, peu productives, ou la protection est inexistante, et concentrées essentiellement dans des activités de circulation ­commerce, services).
Les premières estimations conduisent à une valeur ajoutée du secteur informel équivalente à environ 20% du PIB, sans que l'on sache précisément quelle part est déjà incluse dans les chiffres officiels. Néanmoins, le recoupement des sources montre que le PIB du Vietnam est probablement significativement sous-estimé; les implications économiques (et politiques) de ce résultat restent à étudier.
Contrairement à l'intuition, qui voudrait qu'en Asie le secteur informel participe au processus de globalisation (notamment via la sous-traitance), le secteur informel est relativement déconnecté du reste de l'économie. De plus, il ne peut compter que sur ses propres forces pour se développer, dans la mesure où les politiques publiques habituellement adressées à ce secteur (microcrédit, formation, appui à la gestion, etc.) sont embryonnaires.
 
Objectif 2. Suivi et évaluation de l’impact des politiques, dans le but d’identifier les moteurs de la croissance et leurs caractéristiques distributives.
 
Le Vietnam a adhéré à l'Organisation mondiale du commerce en janvier 2007. Cette adhésion est intervenue 20 ans après le lancement du Dôi Moi, qui a marqué la conversion du pays à une « économie de marché à orientation socialiste » et le démarrage d'un processus de croissance économique rapide et d'intégration à l'économie mondiale. Le modèle de croissance suivi par le Vietnam au cours des deux dernières décennies s'est traduit par de profondes transformations économiques et sociales. En particulier, on a observé une forte réduction de la pauvreté, accompagnée d'une progression des inégalités sociales (quoique moins prononcée qu'en Chine). Dans ce contexte, la question de l'impact distributif de l'adhésion à l'OMC, a priori indéterminé, se pose avec acuité.
 
Ce programme consiste en une analyse critique des politiques d’intégration internationale suivies et une évaluation de l’impact de l’adhésion à l’OMC à l’aide d’un modèle de l’économie vietnamienne (micro-simulation comptable). Les simulations effectuées à l'aide de notre modèle indiquent que l'adhésion à l'OMC aura principalement quatre types d'effets redistributifs : gains d'emplois (en particulier industriels) ; croissance des salaires réels ; réduction des inégalités de genre ; progression des inégalités entre zones rurales/urbaines (mais tassement des inégalités globales). Nos résultats montrent l'importance de prendre des mesures spécifiques pour accompagner l'entrée à l'OMC et saisir les opportunités offertes, en particulier dans le domaine de la formation, des migrations internes, des politiques régionales et de l'aide aux salariés touchés par les restructurations.
 
Par ailleurs, dans le cadre des activités menées en partenariat avec le GSO au Vietnam, à la demande du CEMA (Committee for Ethnic Minority Affairs) qui est appuyé par différents bailleurs de fonds (sous la coordination de l'UNDP), les chercheurs de DIAL participent au projet d’évaluation ex post du Programme de lutte contre la pauvreté (P135) mis en œuvre dans les zones où habitent les minorités ethniques au Vietnam. Dans un premier temps, nos activités ont consisté dans la participation à la mise en place du dispositif d'enquêtes (questionnaire, définition du plan de sondage, notamment identification du groupe témoin). L'enquête de référence a été réalisée sur un échantillon de 6000 ménages (4000 « traités » / 2000 « non traités ») entre septembre et novembre 2007 par le GSO. Les premières analyses de cette enquête sont en cours.
 
Objectif 3. Etude du rôle et de la performance des institutions dans le processus de transition. Il s’agit d’explorer les liens entre la gouvernance, le système de valeurs de la société, la dynamique économique et les conditions de vie de la population.
 
Forts de notre expérience passée dans d'autres PED africains et latino américains en la matière, nous avons contribué à faire intégrer dans l’enquête officielle auprès des ménages (VHLSS 2008) un module « gouvernance et participation », qui constitue une première du genre dans le pays.
 
Notre contribution a consisté à appuyer la mise en place de ce module : en amont, en organisant des séminaires de sensibilisation aux concepts, à l'intérêt de la thématique et à la faisabilité de l'approche ; puis en contribuant à la conception du module – plan de sondage, questionnaire- ; et enfin en participant à la formation des personnels d'enquête (concepteurs, enquêteurs). L'exploitation des résultats sera engagée d’ici fin 2008.
 
Outre son activité de recherche économique, l’équipe contribue au renforcement de l’appareil statistique national du Vietnam et à plusieurs formations à l’Université Nationale de Hanoï dans le cadre du PUF et dans le cadre des universités d’été organisées chaque année par le FSP Sciences Sociales.
 
Méthodologie
DIAL promeut depuis quelques années une façon originale d’aborder l’économie des pays en développement. Celle-ci consiste dans l’association étroite de trois phases de la recherche qui sont souvent déconnectées : la production de statistiques sur des domaines jugés prioritaires et/ou méconnus, l’analyse approfondie des données et l’évaluation des politiques économiques. Il s’agit parallèlement de participer au renforcement institutionnel des organismes partenaires au Vietnam. Ces principes nous ont conduits à privilégier un partenariat avec le GSO sur ce projet.
 
Le projet appuie une partie de son diagnostic sur l’analyse quantitative des enquêtes auprès des ménages. Cette étape représente un passage obligé, dès lors qu’on s’intéresse aux questions de répartition. Celles-ci font appel au concept d’hétérogénéité que seules les enquêtes permettent d’aborder dans toute leur complexité. Or justement, la réalisation et le traitement des enquêtes statistiques constituent un des points forts de l’équipe. DIAL est notamment à l’origine de plusieurs applications originales et reconnues dans le domaine des enquêtes.
Nous appliquons cette méthode pour la réalisation du projet de recherche. Ainsi, on mobilise à la fois les techniques d’enquêtes statistiques et d’analyses des données, ainsi que les outils économétriques et de modélisation, dans une perspective d’évaluation des politiques publiques. Par ailleurs, conformément à l’approche habituellement adoptée par l’équipe DIAL, les recherches sont menées suivant une optique multidisciplinaire et s’inscrivent en particulier dans les champs de la statistique, de l’économie, de la démographie et de la sociologie quantitative et appliquée.
 
   
 

 


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Dernière mise à jour :

le  13 août 2009