|
|
|
|
|
|
Soutenance de Thèse |
Jean-Michel WACHSBERGER soutiendra sa thèse
intitulée :
"L'intégration sociale hiérarchisée.
L'exemple d'une métropole en développement :
Antananarivo"
le jeudi 26 novembre 2009 de 13h30 à 17h30
à l'EHESS, 54 bd Raspail 75006 Paris, en salle
524.
Le jury sera composé de :
Serge Paugam et François Roubaud (directeurs de thèse)
P. Antoine
G. Blundo
D.
Martuccelli
E. Préteceille
Partant des difficultés d’existence dans la
capitale d’un des pays les plus pauvres du
monde, l’hypothèse principale de cette thèse est
que si (et lorsque) les individus arrivent à
faire face et avancer, c’est qu’ils bénéficient
de supports, grâce à leur intégration sociale,
qu’il s’agisse de protection (leur assurant une
certaine sécurité), de reconnaissance
(garantissant leur valeur individuelle et
sociale) ou encore de réconfort moral (stimulant
leur énergie vitale).
Il existe cependant à Antananarivo de multiples
sphères d’appartenances, régies par des logiques
sociales spécifiques. Certaines de ces
appartenances relèvent plutôt, a priori, d’un
ordre social traditionnel, d’autres d’un ordre
social porté par la modernité. Certaines sont
plutôt héritées, d’autres plutôt électives.
Certaines reposent sur une logique communautaire
basée sur les affections des individus les uns
pour les autres, d’autres sur une logique
sociétaire basée sur la complémentarité des
personnes et des fonctions.
A partir essentiellement d’une enquête menée en
2003 auprès d’un échantillon représentatif de
2807 habitants adultes de la métropole Malgache,
l’auteur observe alors les dimensions et modes
d’intégration dans cinq sphères principales
d’intégration (la famille, le quartier, le
marché du travail, la communauté religieuse et
la nation) et met en évidence les liens entre
ces différentes dimensions.
Il ressort alors de l’analyse que, bien que
reposant a priori sur des logiques sociales
différentes, l’attachement communautaire
(investissement affectif de la vie familiale et
de la vie de quartier) et l’intégration
systémique (participation au marché du travail,
à la vie nationale et à la vie religieuse)
apparaissent partiellement substituables :
l’intégration systémique, en bonne partie
assurée par le niveau de formation scolaire mais
aussi par le genre masculin, conduit à se
détacher des liens familiaux et de voisinage ; à
l’inverse, la marginalisation économique,
religieuse et politique amène les individus à
trouver un refuge au sein des sphères familiale
et de quartier, sans que cette intégration ne
compense les faiblesses de l’intégration
systémique. Bien que multistratifiée et
multidimensionnelle, l’intégration sociale
apparaît donc finalement, à Anatananarivo, comme
étant fortement hiérarchisée, selon le niveau de
formation et selon le genre des individus : les
plus diplômés sont mieux intégrés que ceux qui
le sont moins, les hommes mieux que les femmes.
On peut d’autant plus parler de hiérarchie de
l’intégration que les positions occupées par les
individus et les configurations d’intégration
qui leur sont associés n’ont pas, pour eux, la
même valeur. La hiérarchie d’intégration est
aussi une hiérarchie de dignité et d’importance.
C’est ce qui ressort clairement de l’analyse de
la distribution du bien-être individuel dans la
population. A la hiérarchie de l’intégration se
superpose en effet une hiérarchie du bien-être :
les hommes vivent mieux que les femmes, les plus
diplômés mieux que ceux qui le sont moins.
Ces éléments témoignent finalement du caractère
« moderne » de la société urbaine malgache.
C’est surtout en participant à la sphère
productive marchande et en étant politiquement
intégré que les individus se « portent » le
mieux. Inversement c’est en étant aux marges du
marché du travail et de la sphère nationale
qu’ils se « tiennent » le moins.
Cela ne veut évidemment pas dire que les autres
formes d’intégration n’ont pas d’effets «
supportifs » pour les individus. Si les moins
intégrés dans la sphère organique et politique
remplacent cette moindre intégration par un
investissement plus important dans les relations
familiales et de voisinage ou dans la pratique
religieuse, c’est parce qu’ils y trouvent une
source de reconnaissance personnelle ou de
réconfort moral les aidant à tenir. Cela ne
suffit pas, néanmoins, à compenser l’effet
délétère d’une marginalisation sociale,
économique et politique.
Mots clés : Antananarivo, Sociologie de
l’individu, Supports, Bien-être, Sociologie
urbaine, Intégration sociale, Liens sociaux,
Sociologie quantitative.
|
|
|
|
|