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Participation, identités et construction de l’Etat

 

Face à l’échec relatif des politiques d’ajustement structurel, un consensus s’est établi sur l’importance non seulement du contenu des politiques économiques mais également de la manière dont elles sont mises en œuvre. De nouveaux facteurs comme la gouvernance, l’adhésion et la participation des populations sont dorénavant placés au coeur des programmes de développement. Parallèlement, les chercheurs ont élargi le champ de leurs analyses de la trajectoire des pays en cherchant à mieux comprendre les interactions entre au moins quatre dimensions : la croissance bien sûr, mais aussi la distribution (des revenus ou des actifs), la qualité des institutions (notamment publiques) et le type de régime politique ou plus généralement le système de valeurs de la société.
 
La réponse à ces nouveaux enjeux passe par la définition et la mesure d'indicateurs intégrant ces dimensions traditionnellement considérées comme extra-économiques pour suivre et évaluer les stratégies de développement. Ainsi, du point de vue méthodologique, DIAL contribue à un programme international (METAGORA) qui a pour objectif de proposer des instruments scientifiques susceptibles d'améliorer les méthodes et les mécanismes de suivi/évaluation de la démocratie, de la gouvernance et de leurs liens avec les politiques économiques.
 

Du point de vue analytique, la relation entre la démocratie (ou plus globalement le régime politique), le mode de fonctionnement effectif des institutions publiques et les conditions de vie des ménages sera explorée à travers l’étude de l’opinion, des comportements et des pratiques sociales de la population. On s’intéresse par exemple au niveau d’adhésion aux types de régimes politiques et économiques en vigueur, au degré de satisfaction sur le rôle et l’efficacité de l’Etat, à la participation politique, à l’insertion sociale, au degré de vulnérabilité face à la corruption. On cherche à expliciter les spécificités des points de vue et des valeurs revendiquées par les individus suivant leurs caractéristiques socio-démographiques (sexe, âge, niveau de revenu, trajectoire sociale, etc.) et en fonction du contexte (caractéristiques du pays, de la communauté d’appartenance, etc.).

 

En outre, on souhaite aborder l’analyse des rapports entre les appartenances identitaires, la cohésion sociale, les choix de politiques publiques et les performances économiques, à travers l’examen des comportements face à la fiscalité. Plusieurs thèmes en liaison avec la fiscalité sont être abordés : quels sont les facteurs expliquant le consentement à payer un impôt ? Quels sont les effets d’imitation communautaire sur l’acceptation d’un devoir collectif tel que le paiement d’un impôt ? Quelle fiscalité progressive peut-on mettre en place dans les pays en développement ? Dans la mesure où en général une très faible part de la population est salariée, est-il possible d’envisager une fiscalité sur les revenus dont s’acquitteraient tous les contribuables, donc y compris ceux qui travaillent dans le secteur informel ? Dans le cadre des pays en développement, la notion de fragmentation des sociétés a été insuffisamment étudiée pour conclure rapidement que seules les divisions ethniques seraient à l’origine de « mauvais » choix publics. Il s’agit donc d’aller au-delà des travaux empiriques sur la cohésion sociale et ses implications en termes de choix publics. Par exemple, il s’agit de mettre en rapport la notion d’appartenance communautaire ou de fragmentation ethnique avec des éléments d’inégalité telles que les inégalités économiques, sociales, intergénérationnelles.

 

Ce programme se propose de contribuer à ce champ de recherche, notamment à travers l’analyse d’enquêtes spécifiques auprès des ménages, dans une perspective comparative sur plusieurs pays. Il utilise principalement une base de données riches et originales tirées des enquêtes 1-2-3 et de ses modules qualitatifs réalisées entre 2001 et 2003 dans huit capitales africaines (Abidjan, Antananarivo, Bamako, Cotonou, Dakar, Lomé, Niamey et Ouagadougou), et au Pérou en 2003.

 

 

Publications récentes

RAZAFINDRAKOTO M, ROUBAUD F. (2004), « Les pauvres, la démocratie et le marché : Une analyse à partir de trois séries d’enquêtes auprès de la population malgache », Revue d’Economie du développement, à paraître. Disponible sous le même titre en document de travail DIAL N°2004-07.

RAZAFINDRAKOTO M., ROUBAUD F. (2004), « « How far can we trust the experts’ opinion on corruption? An experiment based on surveys in francophone Africa », in Global Corruption Report 2005, Transparency International, à paraître.

RAZAFINDRAKOTO M., ROUBAUD F. (2004), « Daily corruption in francophone Africa », in Global Corruption Report 2004, Transparency International, pp. 346-348.

ROUBAUD F., dir. (2003), Statistique, Gouvernance and Democracy, revue Interstat n° 26, numéro spécial, avril.

ROUBAUD F. (2003), « La crise vue d’en bas à Abidjan : ethnicité, gouvernance et démocratie » Afrique contemporaine n° 206, été, pp. 57-86 (également diffusé sous forme de Document de travail DIAL N°2003-11, 20 pages, octobre)


Communications

Toutes les communications à la session « Poverty Analysis Through Anthropologists’ and Sociologists’ Approaches : The Voice of the Poor » organisée par DIAL dans le cadre du Colloque « Poverty, Social Exclusion and Development : a Statistical Perspective » de l’IAOS à Amman (Jordanie) du 29 novembre au 1er décembre 2004 sont accessibles en cliquant ci-dessous :
Colloque international Poverty, Social Exclusion and Development : a Statistical Perspective

Toutes les communications au Colloque « Emploi et pauvreté » co-organisé par l’INEI, le CIES, l’IEP, l’IRD et DIAL à Lima (Pérou) les 16-17 octobre 2003 sont accessibles en cliquant ci-dessous :
Colloque international Emploi et Pauvreté
 

 

 


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Dernière mise à jour :

le  24 janvier 2006