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La définition des droits de propriété sur les
ressources, les institutions financières et
juridiques, celles qui déterminent la
distribution des actifs et du revenu (Etat,
régime politique, etc.) font aujourd’hui l’objet
de recherches théoriques et empiriques poussées.
Si les institutions conditionnent la croissance,
le développement et l’ouverture internationale,
elles-mêmes se transforment et s’adaptent en
fonction des évolutions des préférences, des
technologies et des échanges de produits et de
facteurs. Le grand défi est alors d’expliquer
conjointement l’émergence et la persistance des
institutions et les effets de ces institutions
sur le développement. Pour la plupart des
régions en développement, la colonisation
européenne a constitué un choc majeur dont les
institutions actuelles portent encore la marque,
longtemps après les indépendances. La géographie
des régions (position sur le globe, ressources
naturelles, conditions sanitaires), leur
histoire précoloniale (peuplement, structures
étatiques), mais aussi les conditions
historiques de la colonisation (durée et type)
ainsi que les politiques adoptées par les
différentes puissances coloniales et leurs
administrations ont induit une différenciation
institutionnelle entre les régions colonisées.
Par ailleurs la colonisation a eu précisément
pour effet de définir ou de modifier les
frontières de ces pays. Cet effet de frontière a
ensuite induit une différenciation dans les
institutions post-coloniales, qu’il s’agit
également d’étudier. Les changements de régime
politique et de régulation économique ont induit
des changements dans la production de biens
publics (santé, éducation, infrastructure) et
dans les conditions d’accès à l’emploi qui sont
susceptibles d’avoir profondément influencé la
mobilité économique et sociale
intergénérationnelle et les opportunités de
sortie de la pauvreté.
D’un point de vue empirique, afin d’identifier
l’effet des institutions, il est nécessaire de
trouver des sources exogènes de formation et de
transformation des institutions qui soient
suffisamment indépendantes des processus de
croissance et de développement. Comme le temps
des institutions est un temps long, ces sources
exogènes ont été cherchées le plus souvent dans
la géographie et dans l’histoire. Tandis que les
analyses économétriques agrégées atteignent
rapidement leurs limites, un domaine prometteur
est l’analyse des différenciations régionales au
sein d’espaces géographiques et anthropologiques
relativement circonscrits et donc plus
homogènes. La recherche envisagée propose de se
concentrer principalement sur les régions
d’Afrique de l’Ouest colonisées par la France.
La réduction du champ de comparaison permet déjà
de contrôler certaines conditions initiales, non
seulement un certain nombre de facteurs
géographiques et anthropologiques communs, mais
aussi l’identité du colonisateur (français),
l'époque et la durée de l'intrusion coloniale
(dernier quart du XIXè siècle – 1960). Afin
d’explorer ce sujet nouveau et relativement
vierge du point de vue de l’économie historique
et institutionnelle, trois types de chantiers
relativement distincts mais interconnectés sont
prévus.
Le premier chantier « Impact de l’administration
coloniale en AOF » consiste à explorer
directement l’utilisation qui peut être faite
des archives disponibles concernant le mode
d’administration politique et économique des
subdivisions coloniales françaises. Le second
chantier « Frontières de la Côte d’Ivoire »
s’intéresse à l’effet des frontières (coloniales
et post-coloniales) et à l’impact des politiques
des Etats indépendants sur des régions
frontalières, en se concentrant sur les
frontières de la Côte d’Ivoire avec le Burkina
Faso, la Guinée, le Mali et le Ghana. Enfin, le
troisième chantier « Mobilité
intergénérationnelle en Afrique » s’attache à
analyser les informations fournies par cinq
enquêtes nationales à large échantillon
concernant l’impact des institutions et de
l’histoire politique sur la mobilité sociale
intergénérationnelle.
Ce programme bénéficie d’un financement du
Ministère de la Recherche dans le cadre de l’ACI
« Histoire longue et répartition des ressources
en Afrique», pour la période 2004-2006.
Publications récentes
COGNEAU D., GRIMM M. (2004), « The Measurement of Poverty Dynamics when
Demographics are correlated with Income ; Theory, Concepts and empirical
implementation », Document de travail DIAL
N°2004-12, 38 pages, Décembre.
COGNEAU D., GUENARD C. (2003), « Colonization, Institutions, and
Inequality, A note on some suggestive evidence », Document de travail DIAL
N°2003-05, 45 pages, Juin.
COGNEAU D., GUENARD C. (2002), « Colonisation and Institutions »,
Dialogue n°18,
aussi disponible en
français, décembre.
COGNEAU D., GUENARD C. (2002), « Les inégalités et la croissance : une
relation introuvable », Document de travail DIAL
N°2002-03, 26 pages,
Janvier.
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